08 avril 2005
L'anomalie parisienne
Comment définir, au sens géographique, social et économique, cette
métropole ? En pratique, c’est le territoire desservi par les quatre premières
zones de la carte orange, 200 communes, dont 80 constituent le cœur dynamique.
S’y concentrent 5 millions d’habitants (47% de la population francilienne, mais
4% de l’espace régional), 90% des déplacements régionaux, 60% des emplois, près
de 30% du PIB français. Paris, ainsi défini, se place au troisième rang des
agglomérations mondiales pour la création de richesses, dépassant même Londres
sur ce point.
Depuis la réforme gaullienne de 1964, qui réorganisait la région parisienne par
la disparition du département de la Seine et la création des 8 départements
actuels de l’Ile-de-France, une question s’est progressivement imposée :
comment, dans cette métropole, faire que les périmètres administrés ne masquent
pas la réalité des territoires vécus ? Comparée à l’organisation des vieilles
métropoles européennes ou des mégalopoles internationales, nous héritons d’une
exception française, d’une anomalie parisienne : 1 Région, 7 départements et
Paris, à la fois ville et département, 1 300 communes dont 11 seulement, en ne
comptant pas les arrondissements parisiens, de plus de 75 000 habitants. La
représentation du territoire régional et métropolitain est aujourd’hui mise en
scène par les différentes échelles de ces découpes institutionnelles. Paris
n’élit son maire que depuis 27 ans. Le fait régional n’est guère plus vieux,
Région parisienne en 1964 puis Ile-de-France en 1976. Il y a huit ans seulement
que son conseil est choisi au suffrage universel. Les départements actuels
héritent dans leur organisation des statuts initiés par la Révolution
française.
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