08 avril 2005

Vers une évolution des points de vue

Mais le destin de Paris métropole ne peut plus se poser dans les mêmes termes que ceux imaginés aux temps de la première révolution industrielle. Il ne s’agit pas de répéter l’annexion du préfet Haussmann ni de laisser jouer le marché en espérant le même résultat. Les exigences de la démocratie, l’histoire et l’identité de chaque commune imposent d’autres moyens.
En trente ans, Paris, première destination touristique du monde, a connu une profonde transformation et court le risque de se muséifier. Dans le même temps, les territoires de première couronne de la banlieue ont eux aussi évolué. Après la Défense, et différemment, une nouvelle génération de projets territoriaux : la Plaine de France, Seine Amont, la Boucle Nord, Boulogne-Billancourt ou le Val de Bièvre émergent comme laboratoires de nouvelles échelles et de nouvelles formes de négociation urbaine. Et pourtant le vocabulaire politique ne semble exprimer que la correction de situations anciennes. Faudrait-il s’en remettre à ceux qui parlent déjà du Grand Paris ?
Depuis peu, on assiste à une évolution des points de vue. De nombreuses communes et deux départements ont signé avec la municipalité de la capitale des accords de coopération ; des approches communes pour les bois de Vincennes et de Boulogne ainsi que pour les canaux sont adoptées par les villes qui en sont riveraines. La Seine devient l’enjeu d’un projet d’une ligne de bateaux-bus de Joinville à Suresnes. Il faut cependant aller plus loin et plus vite.