08 avril 2005

Les enjeux actuels

La question métropolitaine est, aujourd’hui, dans l’agglomération parisienne une question politique centrale. Ce que vivent les 5 millions de personnes qui sont, ainsi, chez elles à Paris parce qu’elles habitent et travaillent au cœur de la métropole reste marqué par de profondes inégalités : la desserte par les transports en commun, la densité et la localisation des équipements et services publics, l’accès à l’éducation et à la formation, la qualité de l’habitat et du cadre de vie.
L’insuffisance et les dysfonctionnements des transports ne sont pas plus acceptables que les disparités fiscales entre Paris et la banlieue qui n’est plus le territoire servant d’un centre qui fut servi. Cette situation est datée, les évolutions en cours la mettent en cause mais il reste que la capitale et l’agglomération ne peuvent aller bien qu’ensemble, sans cela Paris, à l’échelle européenne et mondiale, serait un village, celui rêvé d’Amélie Poulain.
Si les autoroutes, les trains rapides, les ports et aéroports restent encore aujourd’hui dans la sphère étatique, l’infrastructure des routes départementales et municipales, des trains régionaux, des canaux, des parcs et des bois, des grands équipements peuvent devenir le support du réseau public qui est une des conditions de l’unité métropolitaine.
Sa mise en forme suppose évidemment une valeur d’œuvre qui s’impose aux projets. Ce que les ingénieurs territoriaux du département de la Seine à la suite de ceux d’Haussmann avaient culturellement en commun doit être revisité, réinterprété à la lumière des enjeux actuels. Ainsi, les raisons du doute politique, de l’abstention électorale, du repli identitaire seront dans la pratique battus en brèche par une expression commune de notre appartenance à un même territoire.